Série

Présences animales

Des heures d'attente pour deux secondes. C'est la série qui m'a le plus appris.

Une série d'affût

Des heures d'attente pour deux secondes. C'est la série qui m'a le plus appris.

Cette série rassemble les images que je rapporte de l’affût, presque toutes réalisées en Auvergne-Rhône-Alpes, à quelques heures de route de Lyon. Elle s’est constituée lentement, sans plan : on repère un endroit, on y retourne, on s’installe, on se fait oublier. Parfois il ne se passe rien pendant une matinée entière. Parfois un balbuzard fond sur l’eau à quelques mètres et tout se joue en une fraction de seconde.

Ce qui relie ces photographies, ce n’est donc pas un sujet, puisqu’un rapace, une hermine et un papillon n’ont rien en commun : c’est un régime d’attention. Il faut avoir tout réglé avant, parce qu’on n’aura pas le temps ; il faut avoir choisi son arrière-plan avant que l’animal n’arrive, parce qu’on ne pourra pas se déplacer ; et il faut accepter de rentrer bredouille.

C’est cette discipline qui a fini par déborder sur tout le reste. Anticiper un geste plutôt que le poursuivre, se placer avant plutôt que réagir après : ce que j’ai appris à l’affût me sert aujourd’hui bien davantage en mariage ou en festival que devant un animal.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de cette série, ce serait sans doute celle-ci : la patience n’est pas une vertu morale en photographie animalière, c’est une technique. On n’attend pas pour être méritant, on attend parce que c’est la seule façon d’être déjà en place quand la chose arrive.

J’en parle plus longuement dans Pourquoi je cherche le moment décisif en photographie.

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