Série

Voyages et scènes du quotidien

Voyager n'apprend pas à faire de belles photos. Ça apprend à regarder autrement.

Ce que rapporte un voyage

Voyager n'apprend pas à faire de belles photos. Ça apprend à regarder autrement.

C’est par les voyages que ma passion s’est construite, et cette série en est le carnet : Bali, Madagascar, les Cyclades, Mostar, des lacs et des volcans. Elle rassemble des images faites sur plusieurs années et dans des conditions très différentes, mais toujours avec la même contrainte : on ne revient pas.

C’est cette contrainte qui m’intéresse. Chez soi, on peut retourner dix fois au même endroit jusqu’à ce que la lumière soit celle qu’on attendait. En voyage, il y a une lumière écrasante à midi sous les tropiques, une danse traditionnelle qu’on ne peut pas interrompre, des enfants qui viennent au-devant de l’appareil. Il faut faire avec.

J’ai longtemps rapporté surtout des paysages, parce qu’aller vers les gens me demandait une confiance que je n’avais pas. Ce qui a changé, c’est que je cherche désormais autant les scènes du quotidien que les vues remarquables. Un cycliste sur un pont, deux enfants contre un mur de pierre, un clocher devant un ciel : ce sont ces images-là que je regarde encore des années après, plus que les panoramas.

Ce que je rapporte de ces séjours n’est donc pas seulement une série : c’est une habitude de m’adapter vite, de composer dans l’urgence et d’aller vers les gens. C’est exactement ce dont on a besoin le jour d’un mariage ou d’un festival.

Une série de voyage se construit rarement sur place. Elle se construit au retour, en écartant les images qui ne racontent qu’un lieu pour ne garder que celles qui racontent un moment.

Voir aussi la série Voir le monde depuis les airs et le journal.

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