Le paysage ne pose pas de questions. Il demande seulement d'être là au bon moment.
Une photographie lente
Le paysage ne pose pas de questions. Il demande seulement d'être là au bon moment.
L’Auvergne et les Alpes offrent, en quelques heures de route depuis Lyon, une variété de terrains rare : volcans, lacs d’altitude, forêts, plateaux enneigés, grottes. Cette série s’y est constituée sur plusieurs années, aux heures que les autres évitent : avant l’aube, après le coucher du soleil, en plein hiver.
C’est le contraire exact du reportage. Beaucoup de ces images demandent un trépied et de la pose longue : l’eau d’une cascade qui devient soyeuse, la Voie lactée qui apparaît là où l’œil ne voyait qu’une nuit noire. Le temps de préparation dépasse largement le temps de prise de vue, et l’on repart parfois sans rien.
L’avantage, c’est qu’ici on peut revenir. C’est même tout l’intérêt : retourner plusieurs fois au même endroit jusqu’à ce que la lumière, la saison ou la météo soient celles qu’on avait en tête. Cette lenteur repose le regard, et elle apprend une chose que le reportage n’apprend pas : savoir attendre sans s’impatienter.
La Voie lactéeLa Voie lactée au-dessus d’une ligne d’arbres. Pose longue sur trépied, loin de toute lumière de ville : l’image montre ce que l’œil ne voit pas, et c’est bien pour cela qu’on la fait.Pose longueUne cascade photographiée en pose longue, l’eau devenue soyeuse. Le choix du temps d’exposition est un choix narratif : trop court, l’eau reste figée ; trop long, elle disparaît en brume.Lac en hiverUn lac bordé de sapins enneigés, reflets bleutés à la surface. L’hiver simplifie tout : il ne reste que des masses sombres et de la neige, et il devient très facile de composer.Le sapin solitaireUn sapin isolé sur une pente enneigée, sous la neige. Un sujet unique dans un cadre presque vide : l’image tient uniquement sur la place qu’on lui donne dans le cadre.La coccinelleUne coccinelle sur le pétale d’une marguerite. En macro, le fond vert n’est pas flouté par choix esthétique mais par nécessité optique ; autant l’utiliser comme une couleur pleine.Envol au couchantUn vol d’oiseaux en silhouette devant un soleil couchant. Le contre-jour supprime tout détail et ne laisse que des formes : c’est le nombre et la dispersion qui font le sujet.ChartreuseL’entrée d’une grotte ouverte sur la forêt, en Chartreuse. J’ai exposé pour l’extérieur et laissé la roche en silhouette : le contraste entre l’ombre et la végétation est tout le sujet.Printemps en ChartreuseLes falaises de Chartreuse et, derrière elles, Belledonne encore enneigée. J’ai posé l’appareil au ras des boutons d’or et ouvert grand : le premier plan se dissout en taches jaunes, et c’est ce flou qui donne au massif sa distance.
Si une seule habitude devait être retenue de cette série, ce serait de revenir. Le premier passage sert à comprendre un endroit ; les suivants seulement à le photographier.